# La guerre russo-ukrainienne vue d’Iran : un test politique et stratégique peu concluant pour « l’axe Téhéran-Pékin-Moscou » ?

Source: https://ras-nsa.ca/fr/la-guerre-russo-ukrainienne-vue-diran-un-test-politique-et-strategique-peu-concluant-pour-laxe-teheran-pekin-moscou/
Modifié : 2024-11-14

L’Iran et la Russie sont-ils [vraiment des alliés](https://fr.euronews.com/2024/10/11/les-liens-de-plus-en-plus-etroits-entre-liran-et-la-russie-inquietent-loccident) ? Cette interrogation, aussi sensible qu’actuelle, trouve des éléments capitaux de réponse dans le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine, particulièrement depuis février 2022. Elle est également révélatrice d’une évolution plus large de la scène internationale, à savoir la recomposition stratégique de celle-ci en plusieurs pôles de puissance, où ne domineraient plus seulement l’Europe de l’Ouest et les États-Unis d’Amérique.

Depuis le début des années 2000, l’ascension fulgurante de la Chine comme première puissance économique mondiale et rivale des États-Unis se fait incontestable, autant que le réengagement russe de l’arène internationale depuis la fin du moment unipolaire américain après l’invasion de l’Iraq de 2003. À cela s’ajoute la [fin de la recherche de fréquentabilité](https://english.khamenei.ir/news/5696/To-remain-in-JCPOA-Imam-Khamenei-announces-conditions-to-be) par l’Iran en direction de l’Europe et des États-Unis, après la sortie américaine du JCPOA, l’Accord sur le nucléaire iranien, officialisée par la [déclaration du président Donald Trump le 8 mai 2018](https://trumpwhitehouse.archives.gov/briefings-statements/president-donald-j-trump-ending-united-states-participation-unacceptable-iran-deal/). De là, moult analystes et médias avancent la matérialisation d’un « axe Pékin-Téhéran-Moscou » qui constituerait même une [« anti-hégémonie », scénario catastrophe selon Zbigniew Brzeziński](https://www.globaltimes.cn/page/202104/1220323.shtml), conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter. Cet « axe » ou alliance tripartite se matérialiserait d’autant plus que le 4 juillet 2023, l’[Iran devient membre à part entière de l’Organisation de Coopération de Shanghai](https://www.lemonde.fr/international/article/2023/07/05/l-iran-devient-membre-a-part-entiere-de-l-ocs_6180605_3210.html) (OCS), organisation internationale de coopération économique et politique créée entre autres par la Chine et la Russie, ou encore par l’[adhésion de l’Iran au BRICS](https://www.france24.com/fr/afrique/20230824-arabie-saoudite-%C3%A9gypte-iran-les-brics-vont-accueillir-six-nouveaux-pays-membres) (devenu depuis BRICS+) au 1er janvier 2024, sommet international semblant faire miroir avec le G7. Autant d’éléments semblant consolider un « [Sud Global](https://www.bbc.com/afrique/articles/c844w8j0gdmo) », réunissant tous les pays fustigeant la perception d’un impérialisme ou d’une prééminence auto-conférée sur la scène internationale de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord, c’est-à-dire de l’« Occident ».

La guerre russo-ukrainienne, exacerbée depuis le 24 février 2022, aurait alors dû offrir l’incontestable matérialisation de cet « axe Pékin-Téhéran-Moscou », ces États étant dépeints comme à la recherche permanente du [rétablissement de leurs empires respectifs](https://www.arte.tv/fr/videos/114207-000-A/russie-chine-iran-la-revanche-des-empires/). La guerre Russie-Ukraine représente alors un test en conditions réelles de cet « axe », et plus spécifiquement de la relation Russie-Iran. S’agit-il d’États alliés, de solides partenaires ou plutôt de puissances aux intérêts momentanément compatibles, voire de compagnons d’infortune de la scène internationale ?

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