La Lituanie s’apprête à assumer la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne pour une période de six mois à compter du 1er janvier 2027. Bien que la date de prise de fonction semble encore lointaine, ce pays balte a déjà commencé à se préparer à assumer ce rôle clé. La présidence offre à la Lituanie une occasion majeure d’exposer sa vision stratégique pour l’Europe et de façonner l’agenda de l’Union européenne (UE), notamment en matière de politique de défense. Après tout, la Lituanie est confrontée à un environnement sécuritaire critique, prise en étau entre l’enclave russe militarisée de Kaliningrad et son allié satellite, la Biélorussie.
Le but de cet article est de mettre en lumière les intérêts et les objectifs que la Lituanie poursuivra lors de sa présidence du Conseil de l’Union européenne. Pour commencer, la Lituanie s’efforcera probablement de promouvoir la coopération européenne en matière de défense, en mettant particulièrement l’accent sur le renforcement de la base industrielle de défense européenne. Bien que son orientation de politique étrangère soit fondamentalement atlantiste, la Lituanie a noué des liens solides avec l’Allemagne dans le domaine de la défense. Elle joue un rôle de plus en plus actif dans les efforts européens en matière de défense. La Lituanie tentera également de se servir de la tribune que lui offre la présidence pour mobiliser le soutien en faveur de l’Ukraine dans ses efforts visant à remporter une forme de victoire militaire dans sa guerre défensive contre la Russie.
Cet article développe ces thèmes et décrit certaines implications politiques pour le Canada. Pour comprendre pourquoi la prochaine présidence de la Lituanie est importante pour le Canada, il faut garder à l’esprit que le Canada fournit l’épine dorsale militaire de la brigade des Forces terrestres avancées en Lettonie voisine, en tant que nation-cadre. Ottawa a également exprimé à plusieurs reprises son intérêt à développer des liens plus étroits dans le domaine de l’industrie de la défense avec ses alliés et les entreprises européennes. Le Canada est également aligné diplomatiquement avec la Lituanie en ce qui concerne la Russie. Alors que Chypre occupe actuellement la présidence, l’Irlande devant prendre la relève le 1er juillet, le Canada trouvera beaucoup plus de points communs avec la Lituanie, ce qui devrait se traduire par des possibilités de collaboration plus étendues.
La Lituanie, atlantiste et européiste en matière de défense
À compter du 1er janvier 2027, la Lituanie assurera pendant six mois la présidence du Conseil de l’Union européenne, l’organe officiel qui représente les gouvernements des États membres au niveau de l’UE. La présidence du Conseil implique de présider la plupart des comités et groupes de travail, de décider de l’ordre du jour en coordination avec l’Irlande et la Grèce — les deux autres pays composant la présidence tripartite de dix-huit mois — et de mener les négociations au nom du Conseil avec le Parlement européen et la Commission. La présidence ne permet pas à son titulaire national de diriger l’UE sur le plan politique ni de définir la politique étrangère de l’UE. Malgré son nom, elle ne dispose d’aucun pouvoir exécutif et n’a donc pas la capacité de diriger la Commission, le Parlement ou même le Conseil européen. En effet, la Commission européenne est la principale autorité exécutive chargée d’adopter une perspective européenne globale sur les questions relatives au commerce ainsi qu’à la mise en œuvre des traités et de la législation adoptée par le Parlement européen, ce dernier étant composé de représentants des citoyens de l’UE. Néanmoins, la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne permet à son titulaire de négocier des accords législatifs majeurs et de définir les priorités à long terme de l’UE grâce à son pouvoir de fixation de l’ordre du jour.
Un thème majeur auquel on peut s’attendre de la part de la Lituanie pendant sa présidence concernera la coopération européenne en matière de défense. Le fait que Vilnius encourage une plus grande coopération européenne en matière de défense pourrait surprendre les observateurs habitués à voir ce pays balte comme étant fidèle aux États-Unis et atlantiste dans son orientation géopolitique. Après tout, la Lituanie a participé à l’invasion de l’Irak menée par les États-Unis, au grand dam de pays d’Europe occidentale comme la France. Outre ses efforts pour adhérer à l’UE, elle a accordé une grande importance à ses relations bilatérales avec les États-Unis pour obtenir son adhésion à l’OTAN, que la Lituanie a considérée comme la condition sine qua non de sa propre sécurité à long terme. En effet, c’est Dalia Grybauskaitė qui, en tant que présidente de la Lituanie, a insisté pour que l’Alliance élabore enfin des plans militaires concrets pour défendre les pays baltes. Bien que la Lituanie ait réduit ses dépenses de défense à moins de 1 % au plus fort de l’austérité pendant la Grande Récession, elle a fini par donner la priorité à l’achat d’équipements américains lorsqu’elle a commencé à reconstruire ses forces armées après que la Russie eut annexé la Crimée à l’Ukraine et déstabilisé la région du Donbass. La Lituanie a été le premier pays à offrir une aide militaire létale à l’Ukraine. La Lituanie a entretenu des relations positives avec la première administration Trump, qui respectait ce pays balte pour ses efforts visant à recapitaliser son armée et à assumer ainsi sa part du fardeau de la défense.
Pour autant, son orientation atlantiste au fil des ans ne doit pas occulter le fait que la Lituanie a tissé des liens plus étroits en matière de défense avec des membres de longue date de l’OTAN. Bien que la Lituanie accueille une compagnie de forces américaines et ait reçu un financement important dans le cadre de l’Initiative européenne de dissuasion, l’Allemagne est sans doute devenue le partenaire le plus important de la Lituanie. On comprend aisément pourquoi. Non seulement l’Allemagne assure l’essentiel de la présence alliée avancée sur le territoire lituanien, mais elle a également rendu cette présence de facto permanente d’une manière que peu auraient anticipée lorsque le statut de nation-cadre de l’Allemagne a été annoncé pour la première fois. Beaucoup s’attendaient à ce que l’Allemagne interprète de manière restrictive l’Accord de fondation OTAN-Russie comme excluant tout stationnement significatif de troupes de combat sur les territoires des anciens satellites et colonies de Moscou. Pourtant, la mise en place d’une présence permanente et des infrastructures nécessaires pour soutenir ce déploiement a déjoué ces attentes initiales. Le fait que l’Allemagne ait finalement assumé davantage de responsabilités en matière de sécurité européenne par le biais de ses propres dépenses militaires a suscité beaucoup d’optimisme parmi les Lituaniens concernant cette relation bilatérale.
La Lituanie a également encouragé la coopération industrielle européenne en matière de défense. En effet, le premier et actuel commissaire européen à la Défense est le Lituanien Andrius Kubilius. Son mandat consiste à superviser la stratégie industrielle européenne de défense et à renforcer la capacité industrielle de l’UE en matière de défense en comblant les lacunes clés en matière de capacités, en supprimant les obstacles à la mobilité militaire, en développant une industrie spatiale compétitive et en identifiant les vulnérabilités à l’échelle de l’UE face aux menaces cybernétiques et hybrides. Dans cette optique, la Lituanie continue bien sûr de s’approvisionner auprès des États-Unis, notamment en véhicules tactiques légers interarmées (JLTV), en hélicoptères UH-60M Black Hawk et en systèmes de roquettes d’artillerie à haute mobilité (HIMARS) de fabrication américaine. En 2025, le Département d’État a indiqué que « les États-Unis ont environ 640 millions de dollars de contrats de vente en cours pour des articles et services de défense d’origine américaine destinés à la Lituanie dans le cadre du programme de ventes militaires à l’étranger ». Cependant, Vilnius prend des mesures pour diversifier ses fournisseurs et mener des efforts de collaboration tant en matière d’approvisionnement que de recherche et développement. Elle participe à l’initiative européenne Sky Shield, dirigée par l’Allemagne, visant à développer une défense aérienne intégrée sur le continent. Le grand fabricant allemand d’équipements de défense Rheinmetall construit une usine en Lituanie qui produira des munitions d’artillerie de 155 mm. La Lituanie deviendra le plus grand utilisateur étranger de systèmes d’obusiers automoteurs CAESAR de fabrication française d’ici la fin de la décennie. La Lituanie a obtenu environ 1 milliard d’euros de prêts de la Banque européenne d’investissement l’année dernière pour soutenir ses investissements en matière de défense jusqu’à la fin de la décennie, une grande partie de ce financement étant consacrée aux infrastructures militaires.
Le fait que la Lituanie trouve un équilibre entre l’achat de matériel américain et une coopération intra-européenne accrue lui confère une grande crédibilité auprès de nombreux gouvernements de l’UE. Le problème avec la France, par exemple, lorsqu’elle exhorte ses alliés européens à acheter davantage de matériel européen, c’est que ce message est souvent interprété comme une incitation à acheter davantage de matériel français. On ne peut pas accuser la Lituanie d’un tel égoïsme. Elle ne ressemble pas non plus beaucoup à la Pologne, qui a généralement préféré acheter autant de matériel américain que possible, tout en diversifiant ses achats en se tournant vers la Corée du Sud. Le bilan de la Lituanie n’est bien sûr pas parfait. Même avec les autres pays baltes, l’Estonie et la Lettonie, il y aurait beaucoup plus à faire. La défense côtière reste un projet national en cours, et ce n’est que récemment que la Lituanie s’est lancée dans des achats conjoints. Néanmoins, comme l’indiquent les résultats de 2025 du Fonds européen de défense, les innovateurs lituaniens jouent un rôle plus visible dans la recherche et le développement des technologies de défense européennes, faisant bien plus que leurs homologues lettons mais restant en retrait par rapport à leurs homologues estoniens.
Bien sûr, le programme de la présidence lituanienne va au-delà des questions de défense. L’élargissement de l’UE, en particulier en ce qui concerne l’Ukraine et la Moldavie, ainsi que la compétitivité sont d’autres questions prioritaires pour la Lituanie. Néanmoins, compte tenu de la détérioration de l’environnement sécuritaire, la Lituanie est susceptible de mettre fortement l’accent sur la sécurité internationale et la coopération en matière de défense.
Soutenir l’Ukraine, contenir la Russie
La Lituanie figure parmi les plus fervents soutiens de l’Ukraine. En plus d’avoir été le premier pays de l’OTAN à lui fournir une aide militaire létale, la Lituanie a mis en place une coopération politico-militaire par le biais de sa participation à la brigade trinationale avec la Pologne et l’Ukraine, qui a pris part à divers exercices militaires et opérations humanitaires. La Lituanie participe également au Triangle de Lublin avec ces deux mêmes pays, tout en étant une fervente partisane de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN. Les raisons qui poussent la Lituanie à soutenir l’Ukraine sont simples. Les deux pays ont un passé marqué par la lutte contre l’occupation et la domination russes. Dans des circonstances historiquement similaires mais loin d’être identiques, leurs aspirations à l’autonomie nationale et à l’indépendance souveraine ont été contrecarrées par Moscou dans le passé. Les deux pays perçoivent en la Russie une menace majeure pour leur sécurité qui doit au moins être contenue, voire vaincue sur le champ de bataille. Si la Russie ne cherche pas à s’emparer de territoires, elle tente d’exercer un contrôle politique en utilisant tous les leviers à sa disposition, qu’il s’agisse de liens ethniques locaux, des flux énergétiques, de déploiements militaires, de la corruption ou d’autres vecteurs de subversion. L’Ukraine et la Lituanie partagent un intérêt commun à réduire la capacité de la Russie à étendre son autocratie au-delà de ses frontières internationalement reconnues.
Le soutien à l’Ukraine est devenu un élément majeur de l’orientation géopolitique extérieure de l’UE. À ce jour, l’UE a approuvé plus de 190 milliards d’euros d’aide macrofinancière et de soutien budgétaire à l’État depuis 2022. Outre l’aide militaire que les États membres ont fournie à l’Ukraine sur une base bilatérale, la Facilité européenne pour la paix a financé le remboursement des armes, des munitions et de la formation. L’UE a apporté son soutien aux réfugiés ukrainiens ainsi qu’à la reconstruction des infrastructures et de la société ukrainiennes. Cependant, l’UE comptant 27 membres, des désaccords internes ont parfois empêché l’octroi d’une aide encore plus importante à ce pays en difficulté. Les dirigeants nationaux favorables à la Russie — comme l’a montré l’ancien premier ministre hongrois Viktor Orbán — peuvent utiliser leur droit de veto institutionnel pour faire obstacle à l’aide financière et militaire de l’UE à l’Ukraine.
La Lituanie ne peut évidemment pas empêcher les forces pro-russes d’influencer la politique étrangère d’autres pays. Les États membres conservent une grande latitude pour déterminer leur politique étrangère et leur posture militaire. Même les pays favorables à l’Ukraine pourraient être tentés de se recentrer sur leurs problèmes internes. Cependant, la Lituanie mettra à profit sa présidence pour redynamiser le soutien de l’UE à l’Ukraine. Comme l’a fait remarquer le ministre des Affaires étrangères Kęstutis Budrys dans une entrevue accordée à la Lithuanian Foreign Policy Review,
« [il] est naturel que l’on se demande combien de temps ce soutien sera nécessaire, d’autant plus que les enjeux nationaux accaparent les agendas nationaux au cours des cycles démocratiques. Mais nous devons nous rappeler : même s’il y a un cessez-le-feu ou une forme d’accord de paix, l’ensemble de l’architecture de sécurité européenne continuera de dépendre d’une Ukraine forte. »
Les répercussions pour le Canada
Au cours des dix-huit derniers mois, le Canada s’est efforcé de nouer des liens toujours plus étroits avec l’Europe. Cette volonté se manifeste notamment dans le domaine de la politique de défense, où le Canada espère redynamiser ses propres forces armées, en partie en ayant recours à des mécanismes financiers de l’Union européenne tels que le règlement « Sécurité et action pour l’Europe » (SAFE) et en envisageant des projets de collaboration avec des entreprises européennes du secteur de la défense.
Les deux pays ont bien plus en commun que ne le laissent supposer leurs différences considérables en termes d’étendue territoriale, de situation géographique, de taille et de ressources naturelles. Le Canada a été l’un des premiers à fournir une aide militaire à l’Ukraine post-Maïdan, alors que de nombreux pays de l’OTAN s’en sont abstenus. Le Canada n’a pas de troupes en Lituanie, mais il constitue l’épine dorsale des Forces terrestres avancées déployées en Lettonie voisine. Toute situation d’urgence militaire majeure impliquant la Lituanie touchera la Lettonie. Les forces armées baltes s’entraînent ensemble et, ce faisant, ont fini par inclure l’Ukraine dans leurs activités. Les flux commerciaux entre les deux pays sont minimes, en raison de la tyrannie de la gravité commerciale. Cependant, reconnaissant l’importance croissante de la Lituanie en matière de sécurité, le Canada a renforcé sa présence diplomatique à Vilnius en y ouvrant une ambassade en 2023. Si le Canada venait un jour à développer sa propre capacité d’exporter du gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe, il trouverait un acheteur en Lituanie, puisque la ville portuaire de Klaipėda abrite un important terminal de GNL.
À tout le moins, le Canada devrait prêter attention à la manière dont la Lituanie encourage une plus grande coopération industrielle en matière de défense au sein de l’Europe. Le Canada et ses alliés européens tentent tous deux de combler d’importantes lacunes en matière de capacités tout en réduisant leur dépendance globale envers les États-Unis. Les règles en matière de financement et d’approvisionnement limiteront la mesure dans laquelle les entreprises canadiennes pourraient participer au développement de certaines capacités. Néanmoins, les forces canadiennes positionnées en Lettonie souffrent de lacunes en matière d’artillerie et de munitions, sans parler des mesures de lutte contre les drones. La Lituanie est tout aussi attentive à ces vulnérabilités. À ce titre, il pourrait être possible de tirer parti de la politique industrielle européenne de défense pour permettre aux forces locales de l’OTAN d’améliorer leurs capacités de dissuasion et de combat. Le Canada peut contribuer de manière significative aux discussions plus larges sur le développement des capacités et des technologies de défense le long du flanc est, discussions que la Lituanie mènera certainement.
D’un autre côté, les frustrations occasionnelles de la Lituanie concernant le rythme des marchés publics de défense en Europe devraient inciter les décideurs politiques canadiens à la prudence quant aux perspectives pour le Canada d’acquérir des capacités européennes ou de coproduire du matériel militaire avec des entreprises européennes. Le marché européen de la défense a été, et restera, fragmenté et très protectionniste. L’achat de matériel militaire américain était une option attrayante, car c’était aussi l’option la plus fiable. Ce calcul a peut-être changé ces derniers temps, compte tenu de l’annonce selon laquelle l’administration Trump a annulé des commandes militaires destinées à des acheteurs étrangers, y compris en Europe, afin de pouvoir reconstituer les stocks que sa campagne militaire contre l’Iran avait épuisés. Pourtant, la conséquence à court terme de ces annulations est d’accroître la demande pour les systèmes non américains, ce qui pourrait à son tour créer davantage de retards à mesure que les pays commencent à changer de file d’attente. Certains anciens législateurs et producteurs lituaniens ajoutent que la Lituanie est en effet devenue trop dépendante des fournisseurs étrangers, les formalités administratives pénalisant souvent les fabricants locaux.
Avec l’arrivée à la présidence en janvier d’un fervent défenseur de l’Ukraine, le Canada a l’occasion de renforcer son soutien. Bien sûr, le Canada continue d’apporter son aide à l’Ukraine par le biais de garanties de prêts et d’autres instruments financiers visant à soutenir l’État ukrainien et à financer l’aide militaire fournie via la liste des besoins prioritaires de l’Ukraine. Pourtant, la Lituanie cherchera à changer le discours sur l’Ukraine. Depuis trop longtemps, le Canada et ses alliés européens se sont contentés de laisser les États-Unis prendre l’initiative sur les questions relatives à l’Ukraine, bien qu’ils aient, bien sûr, apporté un soutien significatif aux aspirations de ce pays à rejoindre l’UE et l’OTAN.
Plutôt que de se contenter de promettre de soutenir l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra », on peut s’attendre à ce que la Lituanie pousse ses partenaires de l’UE à élaborer une stratégie à long terme pour permettre enfin la victoire ukrainienne et contenir une Russie revancharde. La Lituanie mettra à profit sa présidence pour articuler une vision stratégique positive pour l’Europe et façonnera ainsi l’ordre du jour de manière à ce que l’Ukraine dispose de meilleures ressources, quelle que soit la ligne de pensée du moment à Washington. Le Canada sera le bienvenu dans ces discussions et devrait donc chercher à être le lien nord-américain solide dans le cadre de ces efforts.
Crédit image: CC-BY-4.0: © European Union 2023– Source: EP via Flickr.




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